respire ! [ intro ]

La « méditation », la « pleine conscience », la « respiration », le « temps présent ». Autant de notions qui n’avaient pas réellement de sens pour moi, avant de comprendre récemment à quel point elles manquaient dans mon quotidien ! Depuis que j’ai récupéré du temps pour moi, que j’ai simplifié ma vie, j’ai pris le temps d’explorer ces notions qui me semblent aujourd’hui évidentes & essentielles pour me sentir mieux dans mon corps & dans mon esprit; pour vivre pleinement mon quotidien <3

 

respire ! intro
Lac de la Gruyère – Hiver 2017

La respiration

Christophe André

« …il est plus facile de fixer son attention, sans la fatiguer à l’excès, sur quelque chose qui reste là mais n’est jamais immobile. C’est pourquoi nous pouvons rester fascinés et éveillés pendant de longs moments devant les vagues de la mer, les flammes du feu ou le passage des nuages : toujours là mais jamais identiques. »

C’est ainsi que j’ai appris à fixer mon attention sur ma respiration. Toujours là, mais jamais identique, jamais immobile, je peux fixer mon attention sur elle. Et tant mieux, car pour réussir à méditer, encore faut-il savoir respirer !

Christophe André, dans son livre « Méditer jour après jour » ( à propos duquel j’écrivais quelques lignes dans mon précédent article ) nous invite à la méditation, d’abord en attirant notre attention sur les détails de beaux tableaux célèbres. Du Pierrot de Jean-Antoine Watteau aux Champs de blanchiment dans la campagne de Jacob Isaackszoon Vaan Ruysdael en passant par mes préférés de Claude Monet, on a de quoi admirer & s’inspirer. Je ne suis pourtant pas de ceux qui passent des heures dans les musées à regarder dans les détails chacune des oeuvres, mais cette fois-ci, avec ce livre, je me surprends à comprendre quelques détails, à découvrir quelques subtilités, et à comprendre en quoi ces tableaux sont devenus des oeuvres à part entière.

Et pendant ce temps, je suis concentré, apaisé, relaxé, je prends le temps de respirer pour de vrai !

Un fond sonore, un bureau zen, mon livre & mes notes, j’apprécie le temps qui passe, je prends conscience de chacune des secondes qui s’écoulent, tout en imaginant l’air qui entre et ressort de mes poumons.

Je ne médite pas, non pas encore, mais je respire, et je me sens bien.

Mon bureau d'hiver
Mon bureau d’hiver <3

Durant mes études de sport, j’avais déjà appris que l’action de respirer, ce n’est pas inspirer de l’air avec mon nez qui jouerait un rôle d’aspirateur :-p non ! C’est gonfler mes poumons qui font appel d’air. Prendre conscience que c’est l’action de mes poumons qui font se pénétrer l’air dans mon corps, ça a tout changé.

On parle parfois de différences entre la respiration « thoracique » et « abdominale ». La première consiste à gonfler sa poitrine pour inspirer, alors que l’autre consiste à gonfler son ventre ! Et bien celle qui me permet de mieux respirer, à pleins poumons, est sans conteste la seconde : quand j’inspire, je gonfle mon ventre, à fond et quand j’expire je rentre mon ventre, et j’aspire mon nombril. C’est cette respiration abdominale qui me permet de réaliser au mieux aussi bien mes séances de stretching que de cardio que de musculation. Elle me permet véritablement d’optimiser ma respiration, d’emmagasiner un maximum d’air pour souffler aussi longtemps que nécessaire afin de réaliser mes exercices. Et ce n’est pas tout !

Respirer avec mon ventre, debout, assis, ou allongé, m’a permis de contrôler mes émotions. En route vers le boulot, dans mon bus, ou en marchant chez les sportifs où j’interviens à domicile, je prends le temps de respirer.

Trop de stress ? Trop de tension ? De craintes ? De soucis ? … respire ! Car comme l’écrit si bien Christophe André :

Christophe André

« …inutile de chercher à respirer pour ne pas ressentir (stress, angoisse, peur, tristesse, colère). Mais respirer pour ne pas se faire engloutir. On se centre sur la respiration comme on demande à un ami d’être à nos côtés pour affronter l’épreuve ou la difficulté. »

La méditation

Ce n’est pas « vouloir », mais « permettre » et « faciliter » :

Christophe André

« …inutile d’en espérer un bénéfice spectaculaire ou immédiat. Il est aussi imprévisible. C’est pourquoi, dans la pleine conscience, on recommande de ne pas « vouloir » : ne pas vouloir se détendre, ne pas vouloir se faire du bien, ne pas vouloir atteindre un état précis. En tout cas, pas au moment de la méditation. Dans ce moment, ne rien espérer ni viser, mais juste s’ouvrir à ce qui existe, être là, l’accueillir à notre conscience. Rien de plus. Le maitre mot est alors « permettre ». Et « faciliter ».

Je trouve ses mots rassurants finalement. Car au départ je « voulais ». Et maintenant j’ai compris que méditer, respirer, c’est « permettre » à mon corps et à mon esprit d’atteindre un état de détente au-delà de toute espérance. Mais qui n’est pas programmable, à la demande. Qui n’est pas palpable. Du moins pas au début ; du moins pas à tous les coups.

Alors oui c’est rassurant, et déculpabilisant. Parce qu’après avoir essayé plusieurs fois de suivre les indications, je n’ai pas encore réussi à ce jour à méditer. Mais j’ai réussi à respirer et à éviter de me laisser engloutir par mon flot d’émotions quotidien. Et c’est déjà bien :-)

Ecouter un tableau

Train dans la campagne, Claude Monet (1840-1926)
Train dans la campagne, Claude Monet (1840-1926)

Je crois que c’est l’un des exercices qui m’a le plus touché : le tableau à écouter. Et je crois que je ne regarderai plus jamais les tableaux de la même façon.

Christophe André

« Il y a les cris des enfants qui jouent, et les appels au calme de leurs mères. Il y a le vent qui fait doucement bruisser les feuilles des arbres. Le chant des oiseaux. Peut-être un ou deux chiens qui aboient au loin. Tout à coup, un drôle de bruit s’invite. Peu à peu, il grandit. […] Le son de la locomotive à vapeur s’amplifie, prend de la place, emplit l’espace de son halètement, de la rumeur de ses roues sur les rails. »

J’ai adoré <3

Mais à quoi bon ? Pourquoi vouloir écouter un tableau ? Dans quel but ? Faire de la philosophie ? Je suis coach sportif ou un prof d’art ? :-p

Savoir gérer ses émotions, c’est mieux les vivre. Non pas les refouler, mais juste mieux les vivre pleinement. Dans le feu de l’action, dans l’intensité d’un exercice, respirer pour aller au bout de l’effort, et vivre pleinement dans l’instant présent, de pas se laisser engloutir par la suite, par les autres, par la pression d’un objectif à atteindre. Juste apprécier l’instant présent, et vivre son activité à 300%.

Et je trouve que m’exercer sur un tableau est une idée originale. Une approche qui m’a plu, parce que nouvelle pour moi, inédite, et qui peut sembler farfelue, mais elle m’a permis de prendre conscience de tout ce dont j’ai besoin pour apprendre à maîtriser mes émotions, et de me rendre compte de l’importance des détails, du présent et de la respiration, au quotidien.

Ecouter sa respiration

Aperçu de l'application Ensõ
Aperçu de l’application Ensõ

Depuis que j’ai réussi à récupérer un maximum de temps pour moi, pour réaliser au quotidien tout ce qui me tient à coeur <3, j’ai pris le temps de m’écouter respirer.

Equipé de l’application Ensõ dont voici l’aperçu à droite, je me crée des petites sessions de « Respiration ». Comme pour mes séances de courses en fractionné, je me donne un objectif global de temps : 10 minutes. Un gong retenti pour lancer l’exercice, et j’ai configuré 2 intervalles de 5 minutes de travail. Un gong retenti à chaque fois pour m’indiquer où j’en suis, et un gong final pour m’indiquer que j’ai terminé mon exercice. C’est ludique, pratique, simple, et encourageant ! J’aime.

Encore une fois, à ce jour, je n’ai pas encore réussi à atteindre la méditation en tant que telle. Mais j’apprends petit à petit à me détendre pleinement en écoutant l’air s’infiltrer dans mes poumons, et en ressortir lentement par la bouche. Parfois je m’égare. Je me mets à réfléchir. Je pars dans mes pensées. Et hop je reviens à ma respiration. Et GONG, je reprends mon travail.

Un exercice qui a l’air simple et pourtant : j’ai appris à le pratiquer aussi bien chez moi allongé dans mon canapé ou mon lit, avec l’application et une playlist zen. Mais j’ai aussi réussi à le réaliser sans rien du tout, simplement assis sur un banc de musculation entre 2 séries d’exercices. Malgré l’agitation, malgré la musique de la salle, malgré la sueur et la fatigue, car comme l’écrit Christophe André :

Christophe André

La pleine conscience, ce n’est pas de la relaxation (où l’on a besoin du silence ou du calme) mais de la méditation (où il s’agit de cultiver un rapport apaisé au monde) : on peut pratiquer avec des  bruits autour de nous. Même si ce n’est pas ce que l’on préfère, on doit savoir le faire.

Je me surprends à le faire plusieurs fois par jour maintenant ! Dès que j’en ai l’occasion : dans le bus, entre 2 exercices de muscu, au boulot quand j’ai 5 minutes, avant de me lancer dans une tâche longue… avec ou sans application, avec ou sans fond sonore, mais toujours avec moi-même et ma respiration.

Au début ça n’avait l’air de rien. Et aujourd’hui c’est devenu un superbe outil. Je l’utilise pour reprendre le contrôle de mes journées, ne plus m’éparpiller ! Je suis déjà super organisé à la base, mais maintenant je ne me laisse plus perturber aussi facilement qu’avant par des imprévus, par un stress inopiné… J’accueille tout ce qui vient à moi de façon plus sereine, j’ai l’impression d’être encore plus vif qu’avant, et d’optimiser encore mieux mes journées.

Prendre le temps de faire ces exercices de respiration, m’a fait gagné énormément de temps ailleurs. Je ne le dépense plus à stresser sur place, à chercher des solutions. Je prends le temps à bras le corps, j’avance, j’ose, je trouve des solutions, et ce de façon plus sereine. J’accueille les nouvelles, les infos, les emails, les commandes, les impromptus, et je vis mieux mes émotions. C’est très jouissif comme sensation <3

Se regarder penser

Reflection (What does your soul look like?) Peter Doig
Reflection (What does your soul look like?) Peter Doig

Depuis que j’apprends à méditer, j’ai compris que mes pensées ne forment pas l’ensemble de ma conscience. Ce flot interminable d’idées, de souvenirs, d’envies, de projets, de rappels… ce tri mental qui semble ne jamais s’arrêter, j’ai appris à le regarder. J’ai appris à faire la différence entre « j’ai tellement de choses à faire » et « je suis en train de penser que j’ai tellement de choses à faire ». C’est subtile et pourtant ça change tout.

Me rendre compte que mes pensées ne sont que des pensées, et que le pouvoir d’agir ou non, m’appartient réellement, a été libérateur. C’est rassurant, je trouve, de savoir que j’ai le dernier mot. Je peux aussi décider de réaliser ma pensée « je dois préparer mes repas pour demain ». Maintenant ? Si à cet instant précis j’ai envie de ne rien faire d’autre que me regarder penser, je peux le faire. Et cette pensée passe, parfois elle insiste fortement, et puis je laisse faire. Je ne la rejette pas. Je ne la force pas. Je la laisse exister, et puis je reviens à ma respiration.

Accepter ses émotions

Ne plus chercher à les supprimer ! Surtout celles qui sont fortes, plus fortes que nous-même. Se sentir très triste, angoissé ou très en colère par exemple. C’est difficile d’essayer de répondre à ces émotions avec des mots. On peut chercher à se les interdire, à feindre de ne plus les ressentir, voire même à les fuir, ou les enfouir dans l’oubli… en vain. Ne vaudrait il pas mieux les accueillir et les observer ? Non pas les accepter ni céder à leur pression, mais simplement répondre par le corps.

Christophe André propose des idées : marcher quand on est triste, s’allonger quand on est en colère. Et surtout il écrit :

Christophe André

« … prendre de la distance envers des pensées chargés, saturées d’émotions, qu’on ne peut gère empêcher ou expulser. On pense aujourd’hui que cette nécessaire distance, il est plus facile de la mettre en place en accueillant et en observant nos états émotionnels plutôt qu’en s’acharnant à les supprimer. »

C’est ce que je fais maintenant quand je sens la pression du boulot : Vais-je réussir à trouver suffisamment de sportifs avec qui travailler pour assumer mes factures ? Et si j’oublie ma chorégraphie en pleine démonstration ? Et si cette entreprise ne paie pas la facture, je fais quoi ?

Quelques exemples de situations concrètes dans lesquelles j’ai dégainé l’application Ensõ, et lancé une séance de 10 minutes de respiration. Et bien sûr, si l’application ne permet pas de répondre à ces soucis, elle me permet néanmoins de mieux les vivre. Je vois passer les pensées, j’inspire profondément, je les regarde de loin, j’expire. Ce n’est pas toujours très agréable, je l’avoue. L’exercice peut être parfois beaucoup plus difficile. Mais encore une fois, ce n’est pas de la relaxation, c’est un prémisse de la méditation, et c’est chaud ! En fait il faut accepter l’émotion telle qu’elle est. Je suis inquiet. Je le sais. Je l’accepte. Je le vis pleinement. Je n’écoute pas et n’obéis pas aux possibles injonctions de mes pensées. Mais je les regarde, les accepte, et respire. Je les laisse s’exprimer, je leur donne de la place dans ma tête, parce que les accueillir pleinement c’est ne plus les subir !

Christophe André

« Dans la pleine conscience, on accueille les ressentis émotionnels négatifs ou douloureux, on leur permet simplement d’être là. »

Et plus tard dans la journée, après avoir pris ce temps pour respirer, je retrouve des solutions, je repositive, et ça repart !

(Re)devenir attentif

Mode "Ne pas déranger" sur mon MacBook
Mode « Ne pas déranger » sur mon MacBook

Et je dirais même, récupérer du temps d’attention. Comme je l’ai écrit dans mon article « ralentis ! », c’est terminé les notifications en tout genre. Mon smartphone n’a plus sonné  ni vibré depuis des mois ! Mon téléphone fixe est sur silence. Mon ordinateur ne me balance plus d’injonction à faire quoi que ce soit. Et la télé a quitté mon chez moi. J’ai repris le contrôle de mon attention. Je ne saute plus de sollicitations en sollicitations. Je reprends le pouvoir de décision.

Je n’ai pour autant pas tiré un trait sur la technologie, bien au contraire ! Mais je l’ai mise au pas. Du moins, à mon pas de marche. Je décide des moments où j’ai envie de voir si on m’a appelé ou envoyé un message. Je décide du moment et des sources d’infos quand j’ai envie de m’informer. Et je suis redevenu attentif !

Christophe André

« Nous évoluons de plus en plus dans des environnements « psychotoxiques », qui fragmentent notre attention en lui imposant de nombreuses interruptions […], en lui proposant des sollicitations mobilisantes et accrocheuses […]. Le problème, c’est que notre mental tend déjà vers ça, vers la distraction et la dispersion. »

Ainsi, quand je suis au sport, je fais du sport ! Je ne suis pas disponible pour autre chose. Résultat : je suis plus concentré, plus connecté à mes exercices. Quand je fais une pause, ça peut m’arriver de discuter avec quelqu’un, de l’aider dans son exercice, de raconter une connerie bien sûr ! Mais ça m’arrive encore plus souvent de simplement prendre le temps de respirer, et ne plus être dérangé par telle ou telle sollicitation d’un smartphone encombrant par exemple.

Quand je marche dans la rue, je marche ! Je ne suis pas penché sur un écran. Je regarde les gens, je souris même parfois, je dis bonjour, je salue. Je regarde autour de moi, j’admire, et je rêvasse. Et surtout je respire et prends du temps pour moi.

Quand je bosse, je bosse ! Mon smartphone peut me servir à mettre de la musique, un minuteur, ou d’afficher un mémo avec une liste d’exercices. Mais il est en mode avion ! Je suis injoignable quand je travaille, et ça ne dérange personne. Si besoin je rappellerai plus tard quand je déciderai d’être joignable.

Ce sont des exemples concret de reprise de l’attention. Et ça change tout !

Plus loin

Je suis bien conscient qu’il me reste beaucoup de chemins à parcourir avant de réussir à méditer pleinement. Mais c’est comme tout : je dois m’entraîner encore et encore à respirer, à laisser passer mes pensées & émotions, sans qu’elles m’emportent avec elles. À simplement les accepter. De temps en temps je partirai malgré tout avec elles, tant pis, je reprendrai mon souffle et recommencerai à respirer, et à me reconnecter à moi-même…

Il faut les vivre pour comprendre à quel point ces exercices de respiration sont bénéfiques. Alors vas-y à ton tour, respire ! :-)

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